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« Il y a deux prêtres
à La Nouvelle Orléans, [le père Capucin Boyer]
et un autre missionnaire, qui est chargé de la confesse
des Ursulines, de l’hôpital et de la garnison. […] Il y
a aussi deux frères. Deux missions [des Jésuites]
se trouvent chez les sauvages, à 150 lieues de la Ville
et distantes entre elles de même »
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| Reuben Gold Thwaites (ed.), Travels
and Explorations of the Jesuit Missionaries in New France, 1610-1791,
The Surrows Brothers Company, Cleveland, 1900, Lettre d’un Père
au Général des Jésuites, t. 69 (1738). |
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Au XVIIIe siècle, le devoir d’évangélisation accompagne toutes
les formes d’établissement colonial. Mais Louis
XIV et Louis
XV entendent réserver à la foi catholique les colonies d’Amérique
: ils excluent toute implantation de Protestants et de Juifs.
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L’interdiction des Juifs et
des Protestants dans la colonie en préambule du Code Noir
de 1724
CAOM, A 23, f° 50 |
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La Louisiane ne devient pas pour autant un grand pays catholique, comme la Nouvelle-France : c’est d’une part, que la moitié ou presque des habitants sont des esclaves, et de l’autre, que la piété des Français de Louisiane est loin d’égaler celle des Canadiens venus un siècle plus tôt. La rivalité des pères Jésuites avec les Missions étrangères, puis les Capucins, ôtent une partie de son efficacité à l’évangélisation des Indiens et à la pratique religieuse en général. Enfin, le recours massif et brutal à l’esclavage ne favorise pas le rayonnement de la religion catholique.
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Louis Boullogne, Missionnaire
prêchant à des Indiens,
Musée du Louvre, © RMN |
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Lorsqu’ils se seront, entre 1723 et 1726, partagés les tâches : Capucins en ville, Jésuites dans les Missions, Ursulines à l’hôpital, aumôniers dans les concessions, les religieux seront souvent des médiateurs.
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Ainsi vont-ils baptiser de
nombreux enfants issus de métissage, créer des écoles
et, grâce à leur connaissance des langues indigènes,
négocier la paix avec les Indiens. La tâche s’avère
difficile : le père Capucin Raphaël, lorsqu’il arrive en
1723 à La Nouvelle Orléans, ne voit qu’une trentaine de
fidèles à la messe. Quelques années plus tard, il doit
fermer l’école qu’il a fondée, faute de bonnes volontés. |
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Dumont de Montigny, Le Couvent des Jésuites de La Nouvelle
Orléans, vers 1735.
AN, CP, N III Louisiane 1/1 (détail)
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La fondation d’un collège
de garçons : Lettre du père capuçin Raguet,
15 sept 1725
CAOM, C13A 8, f° 410 |
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Les Jésuites reçoivent le plus grand soutien
du gouverneur Bienville,
en raison de leur activité inlassable dans les Missions.
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Sécularisés
en 1762, ils sont forcés de rentrer en France dès 1764,
abandonnant l’ensemble de la colonie à une dizaine de Capucins.
La persévérance des Ursulines, l’arrivée des Acadiens
–bons et solides Chrétiens- et la prise de pouvoir des Espagnols
(La Nouvelle Orléans devient un évêché en 1793),
amélioreront sensiblement la condition religieuse, quoique pour
peu d’années. |
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Lettre du Père de Beaubois,
supérieur Jésuite de Louisiane, 6 mai 1728
CAOM, C13A 11, f° 256 |
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Broutin,
le second couvent des Ursulines de La Nouvelle Orléans
en 1745
CAOM, Collection Moreau de Saint-Méry, F3 290/25 |
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