« Tout ce qui regarde la dignité du Commandement et le militaire est pour le Gouverneur seul. C'est a lui a déterminer les fortifications et les ouvrages sur les projets et devis de l'ingenieur, après toutefois en avoir conferé avec le commissaire ordonnateur, que les marchés, la dépense et les moyens de trouver les fonds necessaires regardent uniquement [...] Ils doivent aussi donner conjointement les concessions des terres et favoriser l'un et l'autre tout ce qui pourra avoir rapport au commerce… »
CAOM, DFC, carton n° 9, Louisiane 3 bis/3 (1716)


La colonie n’a jamais été autonome. La Louisiane française n’a d’ailleurs un gouvernement distinct qu’à partir de 1717 : auparavant, elle était subordonnée à la Nouvelle-France, au même titre que l’Illinois. Entre 1712 et 1731, le monopole du commerce est certes donné à des Compagnies, mais sous le contrôle militaire et administratif entier du Roi.

Hyacinthe Rigaud, Louis XIV, Musée du Louvre,
© RMN, Hervé Lewandowski L’autorité représentée par le gouverneur et le commandant-général ne sont de toute façon que des pouvoirs sous tutelle. Au surplus, les relations à l’intérieur de la colonie, et plus encore, de la colonie à la métropole, s’avèrent longues et difficiles en raison des distances : de quelques semaines à plus d’un mois pour descendre ou monter l’axe du Mississippi depuis l’Arkansas, et de quarante à quatre-vingt-dix jours de mer entre la France et le golfe du Mexique.

Les postes militaires relèvent tous du commandant-général, qui siège d’abord au Biloxi, puis à La Nouvelle Orléans :
Hyacinthe Rigaud, Louis XIV, Musée du Louvre,
© RMN, Hervé Lewandowski

l’essentiel de la population et des activités s’exerce en Basse-Louisiane, là où sont les ports en liaison avec la France. L’Illinois, considéré comme un grenier à blé et un territoire de traite de la fourrure, comporte plus de coureurs des bois négociant directement avec les Indiens (et même, en dépit des interdictions, avec les Anglais), que d’habitants sédentaires.

Les divisions militaires de la Louisiane en 1721
CAOM, B 43, f° 11-40 (article 25) La capitale est d’abord le Biloxi, puis La Mobile et enfin La Nouvelle Orléans. C’est dans cette dernière que se situent les entrepôts de la Compagnie, puis du Roi, par lesquels s’effectuent les transactions entre les colons et la métropole. C’est aussi le lieu de tous les trafics, dans une colonie que les guerres européennes laissent fréquemment livrée à elle-même.
Les divisions militaires de la Louisiane en 1721
CAOM, B 43, f° 11-40 (article 25)


L'organisation administrative, militaire et religieuse


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