On appelle une concession un terrain plus étendu que le petit canton d’une habitation, un établissement un canton où il y a plusieurs habitations peu éloignées les unes des autres, qui font une espèce de Village. […] Outre les concessionnaires et les habitans, il y a encore dans ce pays des gens qui ne font d’autre métier que de courir [d’une concession à l’autre].
Reuben Gold Thwaites (ed.), Travels and Explorations of the Jesuit Missionaries in New France, 1610-1791, The Surrows Brothers Company, Cleveland, 1900, Lettre du père Paul Du Poisson, t. 68, p. 280-282 (1727)

Les concessions sont des exploitations agricoles, contreparties territoriales octroyées aux actionnaires de la Compagnie de commerce. En fonction de leur investissement, une superficie plus ou moins importante, et un nombre défini d’esclaves noirs, leur sont affectés. En principe, la concession est donnée par le gouverneur et l’ordonnateur de la colonie, dépendants du Roi, mais en pratique, sous le régime de la Compagnie des Indes, les directeurs de la Compagnie s’arrogent le droit d’en faire autant, de façon discrétionnaire.

Dumont de Montigny, Le fort Rosalie et les implantations françaises des Natchez vers 1728, détail sur la concession de Terre Blanche
AN, Cartes et Plans, N III Louisiane 1/2
Dumont de Montigny, Le fort Rosalie et les implantations françaises des Natchez vers 1728, détail sur la concession de Terre Blanche
AN, Cartes et Plans, N III Louisiane 1/2"

La concession elle-même est composée d’une maison de maître plus ou moins riche (c’est l’origine des fameuses « plantations » de Louisiane), d’un ou plusieurs magasins, de divers bâtiments de ferme selon l’exploitation : maïs, blé, indigo, coton, canne. L’élevage est également pratiqué, comme en Europe, dont on a importé de la volaille et du bétail, en plus des dindons, bœufs et bisons américains. À l’écart de l’exploitation, le camp des esclaves est un enclos, composé de cases semblables régulièrement disposées, de façon à faciliter la surveillance. Le repos dominical y est obligatoire, donnant lieu à des fêtes, des chants et des danses qui impressionnent les Européens.

Dumont de Montigny, La concession des Chapitoulas vers 1726 
Service historique de la Marine, Service hydrographique, Recueil 68/72
Dumont de Montigny, La concession des Chapitoulas vers 1726
Service historique de la Marine, Service hydrographique, Recueil 68/72


Visite d'une concession