En 1723 « Je transplantai en terre dans des paniers de canne, plus de trois cens Simples avec leurs numéros, & un Mémoire qui détailloit leurs qualités, & enseignoit la manière de les employer. J’appris qu’on les avoit mis dans un Jardin botanique fait exprès par ordre de la Compagnie », en France.
Le Page du Pratz, Histoire de la Louisiane, Paris, 1758, t. 1, p. 212


Page de titre de l’ouvrage de référence pour l’import-export des végétaux entre la France et ses colonies
Duhamel de Monceau, Avis pour le transport par mer des arbres, des plantes vivaces, des semences et de diverses autres curiosités d’histoire naturelle, Paris, 1753
BNF, Imprimés Le contact étroit avec les tribus indiennes apporte aux nouveaux arrivés de précieuses connaissances sur les ressources naturelles de la Louisiane, notamment pour le soin des maladies courantes : fièvres, dysenterie. Des amateurs doués (Le Page du Pratz, Dumont de Montigny, Hubon), des religieux du Séminaire (Le Maire), ou des Jésuites (Charlevoix), fournissent des observations nouvelles, et les colons implantent des cultures inconnues en Amérique du Nord : blé, canne à sucre, de même qu’ils font venir d’Europe des bovins, des ovins et des volailles.
Page de titre de l’ouvrage de référence pour l’import-export des végétaux entre la France et ses colonies Duhamel de Monceau, Avis pour le transport par mer des arbres, des plantes vivaces, des semences et de diverses autres curiosités d’histoire naturelle, Paris, 1753
BNF, Imprimés

Alexandre Vielle, Lettre (envoi de graines, d’un herbier, de papillons, des échantillons de cirier, une boîte de tain résiduel et 8 bougies), et Description de l’arbrisseau qui porte la cire
MNHN, Bibliothèque centrale, Ms. 196, f° 3 v° et f° 4 r° Alexandre Vielle, Lettre (envoi de graines, d’un herbier, de papillons, des échantillons de cirier, une boîte de tain résiduel et 8 bougies), et Description de l’arbrisseau qui porte la cire
MNHN, Bibliothèque centrale, Ms. 196, f° 3 v° et f° 4 r°
Alexandre Vielle, Lettre (envoi de graines, d’un herbier, de papillons, des échantillons de cirier, une boîte de tain résiduel et 8 bougies), et Description de l’arbrisseau qui porte la cire
MNHN, Bibliothèque centrale, Ms. 196, f° 3 v° et f° 4 r°

Ils fournissent également des relations sur les mœurs, l’organisation sociale et la religion des Indiens, malheureusement exemptes de tout contenu scientifique. Les savants de métier, qu’il s’agisse de médecins (les frères Louis et Jean Prat, Fontenette), d’apothicaires et de chirurgiens (Alexandre), ont laissé des mémoires plus précis sur les plantes médicinales et fondé des jardins botaniques à La Nouvelle Orléans, malgré l’ampleur des tâches quotidiennes de médecine et de chirurgie, qui ne leur laissaient guère le temps d’herboriser. À l’œuvre dessinée du père Charles Plumier (1646-1704) pour la faune du golfe du Mexique, à celle de Claude Aubriet (1665-1742) pour les papillons du Mississippi, répond dans la première moitié du XIXe siècle celle de Charles Alexandre Lesueur (1778-1846).

Lettre de l’apothicaire Alexandre Vielle, 10 septembre 1722
AN, Marine, 2JJ 56 30 En relation toujours étroite avec le Jardin du Roi (Muséum) de Paris, ces savants connaissent une situation précaire : dans le contexte colonial, leur mission apparaît marginale et peu productive d’intérêts immédiats. C’est pourquoi la lecture de leur correspondance témoigne de plus d’amertume que d’enthousiasme. Les réclamations d’argent, de livres, de moyens de travail (jardin, logement), figurent le plus souvent à côté de plaintes sur le peu de temps qu’ils peuvent consacrer à des voyages d’étude.
Lettre de l’apothicaire Alexandre Vielle, 10 septembre 1722
AN, Marine, 2JJ 56 30

Les botanistes du Jardin du Roi et des autres jardins de plantes médicinales de France et d’Europe, cherchent à tirer le meilleur parti des expéditions coloniales, qu’il s’agisse d’expérimenter des produits indigènes en métropole, ou d’exporter des souches européennes. Cependant, peu de naturalistes furent envoyés en mission dans la Louisiane, en dépit de l’immensité du territoire. En effet, la faune et la flore de l’Amérique sont connues des voyageurs depuis le XVIe siècle, et le peuplement de la colonies reste faible.