Une intégration difficile

De manière à faciliter la passation des pouvoirs entre Espagnols, Français et Américains, et à liquider les archives et les biens de la République, le préfet Laussat reste en Louisiane jusqu’en avril 1804. L’ancienne colonie se trouve désormais aux mains des commissaires américains Claiborne et Wilkinson, tandis que l’industriel du sucre Boré devient le premier maire de La Nouvelle Orléans.

Vinache, Carte de La Nouvelle Orléans ; en cartouche, la maison  du Préfet Laussat
Historic New Orleans Collection La ville de Saint-Louis et la Haute-Louisiane ne sont transférées aux Américains que le 9 mars 1804. Dès décembre 1803, le Conseil législatif de Louisiane est à majorité anglophone, cependant qu’à La Nouvelle Orléans, les Créoles sont majoritaires en nombre jusque vers 1818. Les deux sociétés, l’une frivole et cultivée, et l’autre puritaine, fruste et travailleuse, ont beau se rejoindre sur le maintien de l’esclavage, elles n’en sont pas moins totalement opposées dans leur façon de vivre. À la même époque, de nombreux bonapartistes que la Restauration a contraint à l’exil, s’installent au nord de La Mobile, dans le comté de Marengo (Demopolis, Aigleville), et au Texas (Champ d’Asile).
Vinache, Carte de La Nouvelle Orléans ; en cartouche, la maison du Préfet Laussat
Historic New Orleans Collection


Ecole française, Champs d'Asile, Musée de la coopération franco-américaine de Blérancourt, © RMN, R.G. Ojeda
Ecole française, Champs d'Asile, Musée de la coopération franco-américaine de Blérancourt, © RMN, R.G. Ojeda

Il faudra attendre 1812 pour voir Américains, Créoles et Acadiens s’unir contre les Anglais dans la bataille de La Nouvelle Orléans, qu’ils remportent ensemble.

Laclotte, La bataille de La Nouvelle Orléans
Alcée Fortier, A History of Louisiana, New Orleans, 1904.
BNF, Imprimés
Laclotte, La bataille de La Nouvelle Orléans
Alcée Fortier, A History of Louisiana, New Orleans, 1904.
BNF, Imprimés

La même année, la Louisiane, réduite au douzième à peine de la superficie de l’ancienne Louisiane française, devient l’un des États de l’Union américaine. Le Droit Civil (Code Napoléon) est adopté, et le français enseigné à l’école comme l’anglais. La ville de Bâton Rouge (actuelle « Beauregard Town »), fondée en 1806 par le major français Arsène Lacarrière-Latour sur une ancienne plantation, est alors annexée au nouvel État : elle appartenait alors à l’Espagne.

La vente aux États-Unis