La Louisiane hispano-créole

Le général espagnol O’Reilly débarque en août 1769 à La Nouvelle Orléans, avec ordre de prendre enfin possession de la colonie. Il mate la révolte des colons et fait exécuter leurs chefs, avant de céder la place à un véritable gouverneur, Luis de Unzaga. Celui-ci s’emploie à faire coexister Français et Espagnols, tout en respectant l’usage de la langue française. Il épouse même, comme le fera son successeur Galvez (1777), une Créole française. Contrairement à Unzaga, qui était resté neutre dans le conflit anglo-américain, Galvez prend le parti des Américains. L’Espagne ayant déclaré la guerre à l’Angleterre (1779), des centaines de volontaires français combattent les Anglais aux côtés des Espagnols, les délogeant de Natchez, La Mobile et Pensacola, et contribuent ainsi à soutenir l’Indépendance des États-Unis.

La prise de Pensacola en mai 1781
BNF, Estampes, Qf 1, t. 3
La prise de Pensacola en mai 1781
BNF, Estampes, Qf 1, t. 3

La présence française en Louisiane s’affermit alors de l’immigration des Acadiens, puis des réfugiés de Saint-Domingue, que la révolte des esclaves conduite par Toussaint Louverture a fait fuir. Un colon de l'Illinois, Étienne Boré, cristallise le sucre de canne en 1795.

Une indigoterie à Saint-Domingue au XVIIIe siècle
Diderot et D’Alembert (dir.), L’Encyclopédie 
BNF, Estampes
Une indigoterie à Saint-Domingue au XVIIIe siècle
Diderot et D’Alembert (dir.), L’Encyclopédie
BNF, Estampes

La reconstruction partielle qui suit les deux grands incendies de La Nouvelle Orléans, en 1788 et 1794 (gouverneurs Miró, puis Carondelet), contribuent à donner à la ville cette allure franco-espagnole qu’elle possède encore. Cependant, la vie intellectuelle très active de la métropole louisianaise la tourne vers les idées républicaines des États-Unis et de la France.

La cession à l’Espagne et à l’Angleterre