La Louisiane sous la régie royale

La guerre des Natchez a ruiné la Compagnie des Indes et introduit un doute fatal chez ses actionnaires. Louis XV accepte donc en 1731 de supprimer les privilèges de la Compagnie et de reprendre le contrôle de la colonie, dont le commerce est déclaré libre.

Arrêt du Roi pour la rétrocession du commerce de la Louisiane et des Illinois à la Couronne
CAOM,  A23, f° 23 Le commandant général Bienville, « père de la Louisiane », dont il est le commandant militaire depuis pratiquement trente ans, devient gouverneur (1732). Si l'on excepte les tribus indiennes, fortes de trente-cinq mille personnes environ, quoique décimées par leurs guerres internes, la maladie et l'alcool, la colonie est alors peu peuplée : environ trois mille Français et Créoles, et cinq mille esclaves noirs. La tâche de Bienville est ardue, il faut négocier la paix avec les tribus indiennes, rétablir la confiance des colons, assurer la protection de la Louisiane contre les Anglais et les Espagnols. S'il réussit sur ces deux derniers points, il échoue totalement dans ce qui était jusque-là son fort : la politique indienne.
Arrêt du Roi pour la rétrocession du commerce de la Louisiane et des Illinois à la Couronne
CAOM, A23, f° 23

Son successeur (1743) le marquis de Vaudreuil, habile et raffiné, se montre plus habile, avant d'être nommé gouverneur du Canada en 1752. On doit à Bienville l'agrandissement (La Balise, à l'entrée du Mississippi), ou la création de plusieurs postes militaires, en particulier les forts des rivières de Tombecbé et Ouabache.

Callot, Vue générale et plan de La Balise en 1733, poste avancé sur la passe orientale du delta du Mississippi
CAOM, DFC Louisiane 6A/115
Callot, Vue générale et plan de La Balise en 1733, poste avancé sur la passe orientale du delta du Mississippi
CAOM, DFC Louisiane 6A/115